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Caroline Fornier, comédienne, metteur-en-scène

 

Caroline Fornier appartient au monde du théâtre. Elle l’a toujours côtoyé, longuement observé, l’a aimé, étudié et finalement s’est donnée à lui avec talent et passion, de tout son corps, de toute sa sensibilité, de toute son âme…. Elle en connait les failles, les arcanes, mais surtout a goûté au bonheur des succès partagés avec le public.

 

C’est alors que tout se décide… Sa mère l’inscrit contre son gré à un stage de théâtre. Elle s’y rend «sans envie». Son jeune cœur bat pour «la révolution oui ! Pour le théâtre, non !». Elle se tient à l’écart, en marge. Elle est aussi belle que rebelle. Les yeux furieusement bleus, la moue boudeuse, le corps adolescent en «pleine révolte». « Jusqu’à ce que quelqu’un se lève et parle: c’était Philippe Goyard. Je suis restée.» Caroline a 17 ans et s’engage dans ce qui restera sa voie : le théâtre.

S’élancer -s’engager

Philippe Goyard. Fascination totale pour ce metteur en scène. A ses cotés, en Bourgogne, elle va crée, la compagnie Graffiti. Il la dirige sur des textes de Jean-Michel Ribes, Jean-Paul Wenzel et Le Clézio. La passion de Caroline se conforte. Elle ‘monte’ à Paris, entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique et fréquente la Comédie Française «Je ne devais m’occuper que de mon travail de comédienne ; pour le reste j’étais prise en charge, coiffeuse, maquilleuse…c’était pour moi un confort extrême auquel je n’étais pas habituée… nos heures n’étaient pas comptées…il n’était pas rare de travailler jusqu’à l’aube». Dans sa classe, Thierry Frémont, Denis Lavant, Vincent Pérez. Dans les couloirs, Juliette Binoche, Patrick Catalifo.

Engagée ensuite au Centre Dramatique de Bourgogne, Caroline Fornier y interprète les  jeunes rebelles de Molière, Shakespeare, Michel Azama et Michel Deutsch. Elle retrouve, des années plus tard, Philippe Goyard qui la dirige à nouveau dans le rôle de Léone dans ‘Combat de nègre et de chiens’ de Bernard-Marie Koltès. C’est encore avec lui qu’en 2006, elle travaille la lecture de Médée Kali de Laurent Gaudé.

Jouer -se donner

Autre ‘théâtrale attraction’, mais de plateau cette fois, pour Hervé Peyrard. Caroline le rencontre en Ardèche où elle s’installe par «envie de renouer avec le travail de troupe». (Elle vient de rejoindre la compagnie ‘Archipel Théâtre’ qui sera à l’origine de rencontres déterminantes pour sa carrière : Luc Chareyron, Cécile Auxire-Marmouget…). Leur collaboration commence à la faveur d’un spectacle de Philippe Dorin ‘En attendant le Petit Poucet’. Un an plus tard, ensemble, ils créent ‘Respire Betty’, le premier texte d’Isabelle Valentini, « Betty Page, pin up aux USA dans les années 1950 fascinait Isabelle. En moi, elle avait trouvé sa Betty et elle a commencé l’écriture de la pièce. Quand elle m’a lu son texte, ses mots m’ont bouleversée, émue, enthousiasmée et j’ai de suite accepté de l’interpréter». Hervé Peyrard était d’accord pour la mettre en scène. L’histoire pouvait commencer. Rieuse, enjôleuse, belle, sensuelle, Caroline touche, bouleverse, à l’instar de celle qu’elle incarne. La pièce est un succès. Le duo comédienne-metteur en scène aussi. Avec ce spectacle, ils tournent dans toute la France. «Cette connivence, c’était chouette, c’était agréable de la vivre. On avait envie d’être à nouveau ensemble». Une nouvelle création voit le jour : un montage théâtral de cinq textes, d’auteurs classiques et contemporains aussi différents que Victor Hugo, Georges Feydeau, Louis Calaferte, Xavier Durringer et Jon Fosse. Cinq réflexions sur l’amour, rassemblées sous le titre : ‘Même pas besoin d’eau fraîche’. Deux ans de répétitions, un numéro de claquettes, «une expérience de travail global inoubliable».

 

Diriger-donner

Le siècle et la carrière de Caroline Fornier prennent de concert un nouveau tournant. Après leur collaboration dans ‘Un arbre vide’, Myriam Massot, actuelle directrice artistique d’Archipel Théâtre, demande à la comédienne de signer sa première mise en scène pour ‘Le Monde Caché de Mary Mota’. D’autres suivront pour des textes toujours plus exigeants… ‘Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu’ de Philippe Dorin ou encore le tout récent, superbe et ambitieux ‘Clothilde du Nord’ de Calaferte. Aujourd’hui Caroline travaille ‘Les miettes’, autre pièce de Calaferte avec la compagnie dijonnaise ‘Le Rocher des Doms’ «Je pars de l’acteur. Je pars du texte et là où ça peut nous emmener. Là où se fabriquent les ‘choses’. Ce qui m’intéresse c’est le travail sur le comédien. J’ai envie que les comédiens soient magnifiques. Je tiens à l’improvisation, c’est une sorte de partition. Beaucoup de travail, de recherche autour du texte».

Caroline, est liée au théâtre de façon naturelle et originelle. Depuis toujours, elle se sent aussi à l’aise sur les planches qu’en coulisses, d’aussi loin que lui parlent ses souvenirs : «Je dormais dans l’atelier de couture, la pièce la plus calme… et parfois même sous les plateaux. J’ai encore en mémoire l’odeur des loges». Il faut dire que la comédienne-metteur-en-scène est née dans le sérail, d’un père, Jacques Fornier, fondateur et directeur du Théâtre de Bourgogne en 1957, et d’une mère Josine Comellas, actrice, intime de Coline Serreau et de Maria Pacôme avec lesquels Caroline travaillera – notamment dans ‘Les seins de Lola’ sous la direction de Jean-Luc Moreau. La vie de troupe elle connait. Le Festival d’Avignon elle s’y rend souvent. Depuis longtemps. Du statut de spectatrice (elle y a admiré son père dans ‘Les Aberrations du Documentaliste’), à celui de comédienne ‘Respire Betty’, elle passe désormais à celui de metteur en scène.

 

Zerline en Avignon

«Quand Marie-France Beyron m’a proposé de la diriger dans le récit de la Servante Zerline, je n’ai pas hésité, j’ai aimé l’idée de travailler avec cette femme ronde et généreuse dans le rôle de la Servante, et de l’aider à vivre avec truculence le texte dense, [...] poétique et rigoureux, que nous livre Broch». Un monologue puissant, « un rôle fort », qui dépasse actuellement le seuil des 30 représentations privées et qui s’envole pour le OFF avignonnais, au Théâtre ‘Présence Pasteur’, lieu rendu magique par sa cour ombragée accessible depuis ses quatre salles.

Après deux années de travail intense «lorsqu’on est ensemble, on ne voit pas le temps passer», et de trac partagé «dépassé aujourd’hui», Caroline Fornier affirme que Marie-France Beyron, la comédienne, est au point : «Là, elle est prête. La dernière était magnifique. Je suis persuadée qu’elle est une merveilleuse Zerline». Les yeux de Caroline sont radieusement  bleus.

LN

Article paru dans le JTT (hebdomadaire) du 26 juin 2014

Par ideedart le 26 juin, 2014 dans ARTISTES FRANCAIS, ARTISTES SPECTACLE VIVANT, PRESSE LOCALE

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