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17 avril, 2014

Bernard Pras, suivez son regard !

Le facteur Cheval attire les créateurs qui partagent sa folie, son génie. En ce printemps, un grand plasticien vient séjourner au château de Hauterives : Bernard Pras.

Il pratique « l’illusion anamorphique ». Cet étrange vocable cache un procédé très particulier. Un cliché reproduit l’image d’un assemblage au sol dont la perspective est calculée depuis un point de vu précis. Considérée sous un autre angle, l’installation d’objets hétéroclites parait aléatoire, incongrue, dépourvue de sens.

Mais une fois que l’observateur se place au bon endroit, apparait la bonne (et seule possible) perspective, l’image qui justifie tout, qui étonne et qui ravit. Celle que la photographie rendra pérenne.

A la faveur de cette exposition non loin du Palais idéal, l’artiste Bernard Pras rend un poignant hommage au maître Cheval en réalisant son portrait, l’élevant ainsi au statut iconique des figures emblématiques de la culture contemporaine qu’il se plait à dé-visager, à dé-corps-tiquer. Quinze ans de pratique, un œil aiguisé, une fantaisie poétique, ne libèrent ni de l’angoisse démiurge ni du travail. « Quinze jours pleins » ont été nécessaires, depuis le choix des accessoires (tous récupérés à Emmaüs et dont certains sont des clins d’œil à la vie et à l’œuvre du facteur) jusqu’à l’installation finale… révélant, une fois encore, un génie créatif qui laisse admiratif.

« Pras à Cheval », du 4 avril au 29 juin, château de Hauterives, 35 mns de Tournon. Entrée gratuite.

LN

Article paru dans le JTT (hebdomadaire) du 17 avril 2014

Par ideedart le 17 avril, 2014 dans ARTISTES FRANCAIS, PRESSE LOCALE
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10 avril, 2014

Paul Hittic

Malagauche ou maladroit ?

Monsieur et madame Hittic ont un fils. Comment s’appelle-t-il ? Paul. Parce que : Pol-itique ! Oui mais voilà, ce qui aurait pu n’être qu’une blague des carambars de jadis est en fait, une réalité pas toujours facile à vivre ! Parents joueurs ou parents distraits, la juxtaposition de ces prénom et nom a vite suscité moqueries et persiflages qui ont marqué le petit Paul à jamais.

 

Difficultés

Depuis tout petit, Paul a énormément de mal à reconnaitre la droite et la gauche. Ce qui a attiré les foudres de ses institutrices successives et plus tard a rendu difficile l’obtention de son permis. Aujourd’hui encore, la distinction lui demande beaucoup d’effort et de concentration. Même en politique, alors que son nom suggère qu’il soit incollable, il avoue ne pas s’y retrouver. Les temps lui sont favorables puisqu’il peut sans honte affirmer « il n’y a plus de gauche, ni de droite », petite phrase consensuelle qui évite bien des débats. « Mais au fait toi qui est censé tout savoir, ça vient d’où ce truc de droite et de gauche en politique ? ». Là, Paul Hittic a l’habitude, il se détend. La question est classique et sa réponse est toute prête : « la droite est appelée « droite » parce qu’en 1791, après la révolution, ceux qui voulaient conserver un droit de véto au Roi se sont mis à la droite du parlement. Par rapport au président de l’assemblée, précise-t-il. Les parlementaires anti-monarchistes, eux, sont restés à gauche de l’assemblée. » Ouf, là il s’en tire toujours bien !

Fragilités

En revanche Paul se raidit lorsqu’il lui faut marcher au pas. « Droite gauche, droite gauche » Les mots résonnent en lui d’une manière infernale. Sa mère craint alors pour sa santé mentale. Son année sous les drapeaux a été un véritable calvaire « eh ! L’homme politique, si tu devais sauter à cloche pied, ce serait quel pied : le gauche ou le droit ? ».

Au fil du temps, Paul baisse les bras, tente de passer inaperçu. Pas de mondanités sans que cingle à ses oreilles la petite phrase assassine « Paul, tu nous la joues gauche-caviar ce soir ? ». Du coup, Paul dans les supermarchés ne peut pas s’empêcher de regarder de travers les œufs de lump qui n’y sont pour rien ! Pas d’exposé sur une estrade sans que soit salué avec ironie son art de délayer, immanquablement suivi d’un « pas étonnant avec le nom qu’il porte » ! Pas de fouilles nerveuses des poches de son costume à la recherche de quelques piécettes sans un jovial « cœur à gauche, mais portefeuille à droite ! ». Paul peu à peu devient taciturne et perd le peu d’humour qu’il lui reste. Pourtant il ne peut retenir un sourire lorsqu’il entend Anne Roumanoff évoquer la droite-cassoulet : « une petite saucisse au milieu et plein de fayots autour ».

Regrets

 

Non décidemment il n’aspire qu’à une chose : qu’on lui fiche la paix ! Il est lourd d’une grande lassitude et s’imagine porter tout le discrédit qui frappe la Politique, son ennemie éponyme. « À 38,72%, l‘abstention a atteint un record historique. Il s’agit du plus haut niveau au premier tour de l’élection municipale depuis 40 ans. Aux catégories sociales les plus éloignées de la vie active (sans diplôme, chômeurs, marginaux) se joignent ceux (souvent jeunes) qui pensent que voter ne sert à rien, qu’ils verront plus tard, que la politique n’a plus grand intérêt mais aussi les purs qui estiment que voter n’est pas digne de leur idéal démocratique et qui traduisent ainsi leur sentiment grandissant de défiance par rapport aux hommes politiques déconnectés des réalités du quotidien ». Et pourtant, Paul Hittic sait bien qu’au-delà de la pratique du pouvoir, au-delà des luttes et des partis, la Politique a encore un sens.

Cité et dignité

 

Avec Aristote, je clame que je suis un animal politique « doté de la parole et seul à posséder le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, du tolérable ou de l’intolérable. La combinaison des ces éléments va permettre de dicter les lois qui vont organiser la vie en société de la manière la plus juste possible. » S’il était au pouvoir, Paul Hittic assure qu’il serait irréprochable, qu’il ferait passer la res publica, avant ses ambitions personnelles « c’est ce qu’ils disent tous en étant rarement de bonne foi ! » s’amuse-t-il et que jamais il ne tomberait dans le piège, si tentant soit-il, de la peoplisation, ne choisirait ses amours dans le monde du showbiz, ou ne se laisserait aller à d’impardonnables écarts de langage. Car selon Paul, la dignité fait partie de l’image que doit véhiculer un pays. « Regardez ma photo, et ne me dites pas qu’ainsi accoutré je suis crédible. Eh oui, il faut en convenir, n’est pas politique qui veut ! »

LN

Article paru dans le JTT (hebdomadaire) du 10 avril 2014

Par ideedart le 10 avril, 2014 dans PORTRAITS CARAMBAR, PRESSE LOCALE
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3 avril, 2014

Orchestre d’Harmonie, un aïeul dans le vent !

Un aïeul dans le vent !

L’orchestre d’Harmonie de Tournon-Tain, est vieux de 130 ans ! Au fil du temps, sa silhouette s’est étoffée, sa voix a pris du coffre, son teint cuivré dissimule ses rides, son look est rutilant ! Il peut être fier de sa longue et belle carrière qui la amené, pour son bonheur, jusqu’à la division d’honneur.

Naissance

« Je fus conçu un soir de banquet de la Sainte Barbe, un certain 9 décembre 1883. Au mois d’août suivant je poussais mon tout premier souffle dont l’intensité surprit et effraya la brave sage-femme qui accoucha ma mère. Dépêchées par Éole, Dieu et maître des Vents, les muses Euterpe et Melpomène vinrent se pencher sur mon berceau. La première me fit don de la Musique. La deuxième de l’Harmonie. Avant l’aube, le tambour de ville s’en alla annoncer ma naissance, entrainant dans son joyeux et sonore sillage la quarantaine de jeunes lurons qui se constituera en société musicale sous le nom de « Réveil Tournonais » (en vertu, glousse-t-on, de l’heure fort matinale à laquelle ils tirèrent leurs concitoyens de leur sommeil ?!). Je grandis dans l’ombre de cette grande famille de fortune qui, dès mon plus jeune âge, toléra ma présence et m’épanouis aux sons des bois, cuivres et percussions, qui ont bercé énergiquement mon enfance. »

Persévérance

La guerre arrive. Elle se charge de diminuer les effectifs.  Des musiciens de Tain, Mauves  et Vion rejoignent l’orchestre afin qu’il ne soit pas trop affecté et que, vaillamment, il continue à participer aux manifestations locales et régionales. En 1933, l’Ensemble accueille un tout premier Chef de métier et un an plus tard à la faveur de son cinquantenaire prend le nom d’ « Harmonie Municipale de Tournon ». Les élèves de l’Ecole de Musique, répartis dans les divers pupitres, se mélangent aux amateurs. Sous la baguette de Louis Thibaud, se jouent des pièces plus exigeantes. Mais une autre guerre fauche l’orchestre dans son bel élan. Le Chef est tué, les musiciens dispersés ou disparus, et l’Hôtel de ville incendié, entrainant la perte des archives et instruments. L’Ensemble aura du mal à se remettre…mais parviendra à force de bonnes volontés fédérées, de labeur et de ferveur, à se relever.

Excellence

En 1989, l’ensemble musical prend un nouveau nom : l’Orchestre d’Harmonie de Tournon Tain. Il est affilié à la Confédération Musicale de France et se classe en division d’honneur depuis 2005. « Plus de cinq générations se sont succédées pour entretenir ma verve musicale et toutes avaient à cœur de fournir le meilleur ». Les Directeurs consécutifs sont désormais de grands professionnels. Aujourd’hui, soixante musiciens (grands élèves d’écoles de musique, de conservatoires, adultes confirmés, professeurs) sont portés par le même désir d’exigence et de qualité. Ils consacrent chaque semaine deux heures et demie hebdomadaires à l’incontournable répétition et font preuve d’une émouvante assiduité. « J’éprouve, malgré mon vieil âge, un vrai plaisir que je puise dans le leur et me repais de les voir jouer avec tant de passion et de ténacité. Et parfois même, ils se retrouvent certains week-ends en cessions de travail pour mieux se préparer aux concerts programmés, au rythme de trois l’an. »

Jouissance

« Mon appétence est à l’image de ma sénescence, je veux dire par là qu’elle semble être sans limite. Je suis ouvert à toutes les découvertes, me réjouis de l’éclectisme croissant des concerts. Si la musique classique me ravit, le jazz, les musiques d’ailleurs ou les créations contemporaines me charment tout autant. Et bien que viscéralement attaché à nos villes, d’une rive à l’autre du Rhône, je n’en suis pas moins séduit par les projets d’échanges avec des formations musicales lointaines. Pourvu que règne l’harmonie, cette irrésistible et sublime cohésion d’une interprétation d’ensemble. Que jouent et vibrent cuivres et bois, que résonnent et tonnent les percussions, que souffle dans nos cités, un air d’éternité… »

 

LN

Article paru dans le JTT (hebdomadaire) du 03 avril 2014

Par ideedart le 3 avril, 2014 dans PORTRAITS CARAMBAR, PRESSE LOCALE
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