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Liu Zhengyong (1980, Zhuzhou- )

 

Liu Zhengyong est né en Chine, à Zhuzhou dans la province de Hunan en 1980. Elève à la « Tianjin Art Academy », où il se spécialise dans la peinture à l’huile, il en sort, diplômé en 2004.

Aussitôt distingué parmi ses pairs, il est choisi pour diffuser l’art contemporain chinois dans le monde occidental. Il appartient désormais à cette «  nouvelle vague » qui ébranle, tonifie notre marché et vient le chahuter pour notre grand bonheur.

Liu Zhengyong excelle à faire le portrait de personnages souvent en buste, débarrassés des références qui pourraient les attacher à un contexte particulier, en proie à des sentiments qui les brûlent.

Toujours, le corps brut se détache sur un fond délibérément peu défini qui s’efface au profit d’une force toute concentrée sur une flagrante et saisissante expression d’humanité.

Fougueusement modelé par l’artiste, l’homme nu naît d’une peinture-pâte qui appelle la terre humide pétrie par le sculpteur. Le pinceau pose sa matière en couches successives pour parvenir à une belle épaisseur, palpable, physique, qui exprime avec ferveur le poids très intérieur des sentiments.

Rien de léger chez ces hommes dont l’âme, elle aussi, semble mise à nu.

Et si les toiles suggèrent la gravité de « raw, new spirits struggling to be born »[1] elles n’en sont pas moins incroyablement lumineuses. Petites et larges touches ponctuent la surface des chairs jusqu’à la faire frémir. Liu Zhengyong du bout de son pinceau, écrase d’un geste vif  la couleur despote- parfois aux limites de la peinture pure- qui transformera chaque tache en une parcelle chargée de vie. Le sang, échappé des vaisseaux, s’affiche en maints endroits sur les corps et marque de son sceau les rouges palpitations de l’existence. La lumière ambiante -(parfois verte car filtrée par un proche végétal, parfois nacrée car absorbée par le gris du ciel…) que scandent les reflets sur la peau, irise la surface de la toile et lui donne une vibration singulière. Le contraste des ombres sombres qu’impose la lumière fait vibrer la chair d’un feu secret.

Cette force dans la charge émotionnelle se conjugue à une superbe contemporanéité et donne au langage du jeune Liu Zhengyong une portée universelle.

                                                                                                                  Hélène de Montgolfier

Dans l’hexagone, on le remarque déjà à Tours lors de l’Exposition d’art contemporain chinois 60-70-80 en 2009, puis en ce début d’année il se distingue à Lille Art Fair, (Foire Européenne d’Art Contemporain au Grand Palais de Lille). Une de ses huiles fait la couverture du Bloc-Notes Mapra d’avril dernier. Le photographe Martin Bez a choisi de l’exposer dans sa galerie de Sète ouverte en 2006 et Prune Duclos lui offre désormais l’écrin lyonnais de son espace contemporain. Car le jeune Liu Zhengyong est à n’en pas douter une des grandes signatures chinoises de demain.

 

 

 

 

 

 

 


 

[1] Bloc-Notes, n° 298, in  « Les Arts Plastiques Rhône-Alpes-Mapra »,  avril 2011

 

Par ideedart le 4 juin, 2011 dans ARTISTES ETRANGERS

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