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Aloï Pilioko (1935,-)

 

Le texte qui suit a été extrait de mon mémoire de Master d’Histoire de l’Art, Aloï Pilioko un singulier artiste entre coutume et contemporanéité, université de Lyon II 2005. Il figure parmi ceux publiés dans le livre Nicolaï Michoutouchkine- Aloï Pilioko, 50 ans de création en Océanie, par les éditions Madrépores à Nouméa, en janvier 2008.

Aloï PILIOKO : De la liberté des mœurs à un érotisme bridé

Non avoué, l’érotisme s’exprime pourtant non sans la complicité de divers instruments.

Les poissons, si attention leur est prêtée, en sont les principaux interprètes. Ils se glissent partout, se faufilant en des endroits équivoques. Ainsi à plusieurs reprises, leur bouche à lèvres humaines butine-t-elle l’entrejambe des « bonshommes » d’Aloï : le personnage situé à l’extrême gauche de la toile Pirogue pleine,(2001, huile sur toile, 117 X 155 cm) et celui à l’extrême droite de la toile L’Homme saute,(2003, huile sur toile, 154 X 135 cm) en témoignent.

La danseuse,(2004, huile sur toile, 150 X 77 cm) s’anime sous l’effet des sensations : le personnage qui s’accroupit derrière elle, allonge démesurément le bras afin d’atteindre son sein droit alors que chacun des trois poissons, la gratifie d’un baiser humide qui sur le sein, qui dans le creux de l’aine, qui derrière le genou. La jeune femme flotte d’ailleurs dans la verticalité de deux mondes opposés figurés par des couleurs distinctes.

Les mêmes poissons à l’esprit mutin caressent les corps féminins de Tatouée, (2004, huile sur toile, 150 x 99 cm), se lovant impunément où bon leur semble, leurs bouches invariablement tendues vers une partie accessible de leurs anatomies.

Puis c’est au tour d’innocents félins de jouer les bichons de Fragonard. Solennels, dans leur pose presque hiératique Les Chats câlins nichent leur minois dans le bas-ventre de deux humains debout et leur longue queue veloutée tombent entre leurs jambes arquées (2002, huile sur toile, 153 x 82). Mais le groupe fait face au spectateur, qui arguant de maladresse, ne devine pas la grivoiserie. Car l’œil non attentif ne voit rien tant les positions peuvent être l’effet du seul hasard – un brin coquin certes, mais sans doute non avoué. Le poisson fripon est moins équivoque et laisse  la scène s’incliner vers un érotisme tacite.

Tout au contraire, la toile carrée Femme aux poissons (2004, non signée, 91 x 79 cm) est sans ambiguïté puisque la jouissance est le sujet explicite de ce tableautin qui représente sur un fond monochrome à peine violacé, une femme subissant les tendres assauts de trois poissons libertins. Ils s’occupent sans pudeur de ce corps cuivré, surpris en position du Nevimbumbau, bras et jambes largement écartés, parfaitement ouvert au jeu de la sensualité. Les bouches polissonnes excitent l’aréole des seins généreux pendant que l’amante aux cheveux bleus regarde ailleurs…

Par ideedart le 20 mars, 2011 dans ARTISTES ETRANGERS

  1. Bonjour,

    Je vous remercie pour ce texte car j’ai connu durant mon enfant Nikolaï et Aloï.

    Mo grand-père collectionnait leurs oeuvres.

    J’ai appris le décès de Michoutoushkine. Aloï est-il toujours de ce monde ?

    Avez-vous une adresse pour le joindre ?

    Cordialement,

    Nicolas.

    Commentaire by delabroussenicolas@gmail.com — 7 février, 2013 @ 6:14

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